Robert de Niro à la Cinémathèque de Nice
Mardi 9 mars 2010 à 20h – Cinémathèque de Nice – 3 esplanade Kennedy – Nice
Après la visite de l’exposition de son père au musée Matisse, le célèbre acteur a créé l’événement, hier soir, devant une salle comble à la cinémathèque
La cinémathèque de la ville de Nice reçoit le plus grand acteur du monde ! » Et sa directrice, Odile Chapel, en a le souffle coupé. Car la cinémathèque s’est vite révélée trop étroite pour une « leçon de cinéma » pas comme les autres. 20 h 15 hier, palais Acropolis : 750 privilégiés offrent une standing ovation de bienvenue à Robert de Niro. « Junior », précisons-le, puisque ce géant du 7e art vient d’abord à Nice inaugurer l’exposition de feu son père au musée Matisse (voir par ailleurs).
« Événement exceptionnel », « immense honneur », « hommage aux Niçois »… N’en jetez plus ! Alors que des dizaines de déçus guettent une hypothétique invit’ aux portes d’Acropolis, la foule investit la salle comme on va écouter une rock-star. C’est tout comme, d’ailleurs. Service d’ordre hollywoodien, portique de sécurité spécialement installé à l’entrée, tous les portables consignés… « C’est De Niro qui a décidé ! », rétorque une hôtesse débordée.
Pour l’amour du père
Mais pour l’acteur oscarisé de Raging bull, pas question de se la jouer. Ni d’enfiler un énième rôle de dur à cuire. Après un « photo-call » au bord de la baie des Anges, c’est un sexagénaire (NDLR : il est né en 1943) tout simple qui débarque sur scène. Un bon fiston résolu à honorer la mémoire du père, « ce romantique qui aimait la France ». Un monstre sacré pétri d’humilité, économe de ses mots, avec ce visage si expressif, jamais loin d’un sourire ou d’une mimique.
En fait de « leçon », l’interview menée par le journaliste Jean-Jacques Bernard tend plus vers « De Niro, sa vie, son œuvre ».« Enfant, vous étiez un bobo ? » « Oui. Mais d’une certaine façon, j’étais un gamin de la rue. »
Son premier film, dans le Manhattan de Marcel Carmé ? « Il ne savait même pas qui j’étais ! En fait, j’étais figurant… » Ce rire, enfin. Ce rictus hilare que tout cinéphile garde en mémoire. Et puis cette confidence-émotion : « Quand je faisais du stop à travers toute l’Europe, j’ai passé du temps à l’auberge de jeunesse de Nice, là-haut, au Mont-Boron. »
« Encore trois films… »
Nice ? « Une ville fantastique ! » Visiblement, De Niro ne lui tient pas rigueur de ces paparazzi qui lui ont mené la vie dure, du temps où il y tournait Ronin. Alors l’acteur se confie : « Encore trois films et je serai ravi. » Ou parle avec affection de son double, « Marty » Scorsese, avec ces « silences qui ont beaucoup de pouvoir, parfois plus que les dialogues ».
L’échange durera 1 h 15. Et laisse sur leur faim certains spectateurs, pourtant séduits par la simplicité du personnage. Avant le clap de fin, « Bob » joue les avocats de Barack Obama : « Je suis ravi de ce qu’il fait. Vous savez, le grand changement avec lui, c’est d’abord qu’il a été élu… » Au premier rang, Mme de Niro lui lance un retentissant « I love you ». Happy end.
Source: Nice Matin
Robert De Niro parlant de la relation acteur / réalisateur:
- laisser un acteur donner son interprétation du texte
- mettre en confiance un acteur et lui faire comprendre que l’on la choisi lui (et pas un autre)
Qu’est-ce qui pousse un acteur un accepter de faire un film ?
- 80% scénario, 20% réalisateur
De manière générale sur le métier d’acteur:
- Les silences sont aussi fort que le dialogue (référence à Martin Scorsese)
- L’acteur est au service du personnage
- « J’ai fait ce métier pour m’exprimer«


