Google echec managérial ?

« [..] derrière cette belle image, et cet indéniable succès, se cachent des difficultés bien réelles, souvent occultées. Et un vrai échec.
Des difficultés de management d’abord. Le trio de tête de l’entreprise ne présente plus l’unité d’apparence qu’il a toujours offerte au public. Le directeur général, Eric Schmidt, manifeste de plus en plus ouvertement son irritation sur le mode de gestion « adolescent » des deux fondateurs, qui viennent d’avoir 34 ans, et éprouve des difficultés à professionnaliser et industrialiser une entreprise qui recrute plusieurs centaines de personnes par semaine. Les deux fondateurs, Larry Page et Sergei Brin, jusqu’alors très unis, semblent prendre des directions opposées. Larry Page est de plus en plus impliqué dans la gestion de la société, qu’il voudrait complètement régenter, malgré son manque d’expérience. Sergei Brin s’intéresse de plus en plus à l’achat d’avions gros-porteurs et autres gadgets coûteux, qui dénotent avec l’image de la société. Ces tensions du trio de tête ont des répercussions dans le management. Le directeur financier vient d’annoncer son départ, malgré des années de succès. Et Shona Brown, la médiatique directrice des ressources humaines, annonce qu’elle va désormais travailler à mi-temps. Alors même que l’entreprise connaît ses premières difficultés de recrutement, et de vraies tensions pour intégrer les très nombreux nouveaux venus. Ils seront plusieurs milliers cette année.
Par ailleurs, une analyse plus poussée des résultats de Google pose de nombreuses questions. Ses coûts d’opérations représentent environ 35 % de ses revenus, ce qui est élevé pour le secteur. Cela tient évidemment à la forte croissance de l’entreprise, qui doit recruter pour se développer. Mais les marges, certes importantes, se sont significativement réduites. Par ailleurs, la très grosse majorité des revenus de Google proviennent du marché de la publicité en ligne. Le reste de ses services, nombreux, ne représentent que 1% de son chiffre d’affaires. Or ce sont sur ces autres secteurs que Google investit le plus , même s’ils sont potentiellement porteurs d’avenir. En prenant des risques. On y trouve YouTube, les services Google Docs, ou le service de téléphonie GrandCentral par exemple.
Enfin, ces deux semaines d’euphorie apparente, derrière lesquelles se cachent bien des grincements, se terminent par une cruelle déception et un vrai échec pour Google, face à Microsoft, son opposant le plus frontal. Facebook, le site de réseau social qui a le vent en poupe, avec plus de 47 millions d’utilisateurs, vient d’ouvrir son capital à Microsoft. Rejetant une offre de Google. Et en se valorisant pour 15 milliards de dollars, alors qu’il n’est pas profitable et ne fait pas plus de 150 millions de dollars de revenus par an. Pour la première fois de son histoire, Google vient de se faire rafler une affaire majeure et stratégique par son pire ennemi, Microsoft. La bourse appréciera sans doute. Et la Silicon Valley va sûrement revisiter son appréciation de Microsoft, qui a très bien joué le jeu, et de Google, qui vient de rater une étape décisive. Une de plus ? Une de trop ? »
Autres articles susceptibles de vous intéresser :
Tags: Google, Internet
Posted in Stuff | No Comments »
